LES DÉFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME JOUENT UN RÔLE FONDAMENTAL DANS LA RIPOSTE AU SIDA

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Il y a 10 ans, lorsque Kene Esom, ancien Directeur d’African Men for Sexual Health and Rights (AMSHeR), gérait une clinique juridique pour les réfugiés, il a pu constater à quel point il était difficile pour les personnes marginalisées ou vulnérables d’accéder aux services de santé. « C’est là que je me suis rendu compte qu’en tant qu’avocat et défenseur des droits de l’homme, je pouvais vraiment jouer un rôle dans l’élargissement de l’accès aux services de santé et la défense des droits de l’homme ». Dans ses fonctions actuelles de Conseiller en initiatives stratégiques auprès du Conseil d’administration d’AMSHeR, il reste en première ligne dans la lutte contre la discrimination, en particulier celle qui touche les hommes gays et les autres hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes en Afrique.

M. Esom explique que lorsqu’il parle des droits de l’homme dans le contexte du VIH, ce n’est pas uniquement une question de droit à la santé. « Il existe tout un ensemble de violations des droits de l’homme à l’encontre des hommes gays dans de nombreux pays, imputables essentiellement à la criminalisation des relations entre adultes consentants de même sexe », indique M. Esom. « Par exemple, il est arrivé qu’un journal décide de publier un article à sensation sur une fête organisée par des hommes gays ; ces hommes ont alors été arrêtés, incarcérés et contraints de passer un test de dépistage du VIH. Tous leurs droits à un procès équitable ont été violés et leur droit à la vie privée bafoué, car leurs noms, adresses et photos ont été publiés dans le journal ».

M. Esom ajoute que des incidents de ce genre peuvent remettre en cause des années de progrès sur l’accès des populations clés aux services anti-VIH. « Vous ne pouvez pas fournir de services de santé sans tenir compte de la situation des droits de l’homme au sein des populations à qui vous fournissez ces services. Vous avez beau mettre en place les meilleurs établissements de santé, les hommes gays ne viendront pas s’ils ont peur que la police les arrête ou que les médecins dénoncent leur comportement sexuel ».

À l’échelle mondiale, les hommes gays et les autres hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes sont 24 fois plus susceptibles de contracter le VIH que les adultes de la population générale. La stigmatisation, la discrimination, les actes de violence et la criminalisation des pratiques entre personnes de même sexe rendent plus difficile l’accès de ces hommes aux services de prévention, de dépistage et de traitement du VIH.

AMSHeR soutient les organisations de défense des droits de l’homme dans leurs actions de sensibilisation éclairées par des données probantes. « Les défenseurs des droits de l’homme ont un rôle à jouer pour faire sortir de l’ombre ces problèmes et montrer l’impact que les violations des droits de l’homme peuvent avoir sur la riposte au VIH, en particulier sur les services qui ciblent les populations clés », explique M. Esom.

Malgré le silence qui entoure encore ces questions touchant la sexualité, l’orientation sexuelle et l’identité de genre, il existe un espoir. « Quand j’ai commencé ce travail il y a six ans, le contexte était totalement différent. Il y avait très peu de personnes qui souhaitaient s’engager en faveur de ces thématiques. Aujourd’hui, nous disposons d’un groupe plus important de personnes dans les pays dans toute l’Afrique et même dans le monde, et les communautés font valoir leurs droits et demandent l’accès aux services ainsi qu’une approche de la prestation de ces services fondée sur les droits ».

Dans le cadre de son travail, AMSHeR met l’accent sur le rôle des communautés dans le plaidoyer en faveur du changement et du dialogue direct avec les décideurs politiques. « Elles sont les voix et les visages des problèmes qui les touchent ».

Le droit de se rassembler est fondamental. « De nombreux hommes gays pensent qu’ils sont tout seuls. L’isolement accroît leur vulnérabilité. Rassembler les gens pour parler de leurs problèmes crée une communauté investie du pouvoir de s’exprimer ouvertement. En l’absence d’un tel espace, il devient plus compliqué d’impliquer les décideurs politiques et les prestataires de services ».

M. Esom évoquera la promotion et la protection des droits de l’homme dans le contexte du VIH et des autres maladies transmissibles à l’occasion du Forum social du Conseil des droits de l’homme, qui se tient du 2 au 4 octobre. Pour en savoir plus sur l’actualité de M. Esom et d’autres militants des droits de l’homme, inscrivez-vous pour participer au Forum social du Conseil des droits de l’homme à l’adresse

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