L’exacerbation de la tension politique, à la veille de la présidentielle, du fait du bras de fer ouvert entre pouvoir et opposition, ne laisse pas indifférents la société civile et les chefs religieux.

Après les sorties musclées des responsables des deux camps, appelant soit à empêcher Macky Sall de battre campagne pour la présidentielle, soit à faire droit à la confrontation directe par le recrutement de gros bras ou autres nervis pour défendre et/ou protéger le chef de l’Etat, en dehors des forces de l’ordre, des voix n’ont pas manqué de se faire entendre pour appeler à l’apaisement et à la sérénité.

La sortie du Collectif des 25 candidats à la présidentielle appelant à «saboter» la campagne du président Macky Sall a ainsi non seulement soulevé une réprobation générale des acteurs de la société civile (Forum civil, Forum du justiciable et autres) mais elle a poussé les observateurs à prendre les devants et inviter les uns et les autres à privilégier le sens des responsabilités pour garantir au Sénégal une élection présidentielle paisible et apaisée.

Ainsi en a-t-il été pour Alioune Tine, le Directeur d’Amnesty pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, qui a relevé à propos de la tension pré-électorale: «Il faut que les choses se fassent pacifiquement, qu’elles soient gérables. Quand ce n’est pas gérable, on ne sait pas jusqu’à quel niveau ça va aller. Parce que, qu’on le veuille ou non, la communauté internationale considère le Sénégal comme un pays en crise».

Le Forum du Justiciable comme le Forum civil n’ont pas été en reste dans cet appel à la retenue.  Quant au Comité sénégalais des droits de l’homme (Csdh), son président Me Papa Sène a tenu à observer à propos de ces tensions préélectorales que « Les acteurs politiques doivent bannir tout discours qui inciterait à des violences ou porterait atteinte à la paix et à la stabilité du pays ».

En relation avec le mouvement « Voix des sans voix »,  le centre Buntu Innovation et action sociale, le Cdsh a de fait fustigé la propension inquiétante des scènes de violence qui se multiplient depuis l’annonce de la liste des candidats à la présidentielle. Non sans appeler au calme en rappelant dans la foulée à certaines figures du pays leur rôle d’alerte et de contrôle d’alerte face à ces menaces.  L’État du Sénégal était invité, quant à lui, à poursuivre ses efforts pour pérenniser un dialogue entre les acteurs politiques. Les hommes de religion aussi ont tenu à jouer leur partition dans cet appel à l’apaisement.

A  l’instar de l’Archevêque de Dakar, Monseigneur Benjamin Ndiaye, en somme de l’Eglise, qui s’est inscrit dans la même dynamique : «Dans la diversité des choix, sachons rester sereins. Que nos pensées, paroles et gestes créent une mentalité et une culture de paix… », avait-il dit mardi dernier.  Un appel qui s’inscrivait dans la même mouvance que celui du Khalife général des Tidianes, Serigne Mbaye Sy Mansour, qui invitait lors de la ziarra annuelle de Thierno Mountaga Daha Tall de Louga, les acteurs politiques à faire droit à l’apaisement et à la paix pour garantir au Sénégal une élection présidentielle dénuée de toute violence.

 

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