Selon une information de l’AFP, le Parquet national financier a demandé un procès contre Lamine Diack et son fils Papa Massata Diack. Tous deux sont au coeur d’un présumé système de corruption.

Selon l’AFP, le Parquet national financier (PNF) a demandé un procès contre le Sénégalais Lamine Diack, l’ancien président de la Fédération internationale (IAAF), et son fils Papa Massata Diack, tous deux au coeur d’un système de corruption présumé pour retarder des sanctions contre des athlètes russes pour dopage.

Si Renaud Van Ruymbeke, le juge d’instruction en charge du dossier, devait suivre ces réquisitions, Lamine Diack, qui fut président de l’IAAF entre 1999 et 2015, devra répondre de « corruption active et passive » et « blanchiment en bande organisée » lors d’un procès à Paris.

Dans son réquisitoire signé le 16 mai dernier, le parquet a demandé que cinq autres protagonistes soient jugés, dont Papa Massata Diack, ex-puissant conseiller marketing à l’IAAF. Visé par un mandat d’arrêt, ce dernier n’a jamais pu être entendu par la justice française. Il est installé à Dakar. Papa Massata Diack est soupçonné de « blanchiment en bande organisée », « corruption active » et « complicité de corruption passive ».

Diack aurait obtenu des fonds russes

Ouverte en novembre 2015 par le PNF, après un signalement de l’Agence mondiale antidopage (AMA), cette enquête aux ramifications internationales a mis au jour un pacte de corruption présumée. En échange de l’indulgence des services antidopage de l’IAAF, Lamine Diack aurait obtenu des fonds russes pour des campagnes politiques au Sénégal. Le pacte aurait aussi permis de faciliter des négociations avec des sponsors et des diffuseurs russes, avant les Mondiaux 2013 à Moscou.

Lamine Diack est également soupçonné « d’abus de confiance » pour avoir permis, « du fait de ses fonctions », à son fils « de s’approprier des recettes de l’IAAF provenant de sponsors », selon le réquisitoire.

Le ministère public vise aussi Habib Cissé, l’ancien conseiller de Lamine Diack, et Gabriel Dollé, l’ancien chef antidopage de l’IAAF, tous deux soupçonnés de « corruption passive ». Ce dernier a reconnu les faits et demandé une procédure de plaider-coupable.

Deux Russes réclamés par la justice française

Enfin le PNF a demandé un procès contre Valentin Balakhnichev, l’ex-président de la Fédération russe (ARAF) et ancien trésorier de l’IAAF, et Alexeï Melnikov, qui fut l’entraîneur en chef des courses de fond à l’ARAF. Tous deux sont réclamés par la justice française, le premier pour « corruption passive et active », ainsi que « blanchiment aggravé », et le second pour « corruption passive ».

La justice française, compétente parce que des fonds ont pu être blanchis sur son territoire, avait été saisie par l’AMA en 2015. L’année suivante, une enquête commandée par l’AMA a révélé un système de dopage institutionnel en Russie, allant au-delà de l’athlétisme.

«Par le sport on peut tout régler. La randonnée est un moment de communion et de rassemblement. Tout les gens sont sensibles à la cause du président Diack. Par cet acte, nous pensons créer le déclic nécessaire pour permettre au président Diack de rentrer au bercail», a soutenu le coordonnateur le Comité d’initiative pour la randonnée pédestre Lamine Diack. Qui ajoute que «Le combat va se poursuivre jusqu’à ce que Lamine Diack rentre au bercail. Tant qu’il n’aura pas recouvré sa liberté d’aller et de venir, le combat va se poursuivre». Pour dénoncer cette situation, ils comptent mobiliser les clubs de randonnée, les clubs de foot de Dakar, le mouvement Navétanes et les populations sensibles à la cause pour échanger sur l’expérience du président Lamine Diack. «Nous allons rallier toutes les associations associatives et les massifier pour magnifier l’hommage que nous voulons rendre à Lamine Diack», a également souligné le coordonnateur du Comité d’initiatives.
Les organisations de défense des droits de l’homme avait également dénoncé la passivité de l’Etat du Sénégal dans le dossier avec les droits de l’ancien président de l’Iaaf qui sont violées : droits de la présomption d innocence droits de visiter sa famille. «Nous demandons à l’usage des bonnes relations entre les deux états pour faire sortir Lamine Diack de ce guêpier. L’Etat du Sénégal  est interpelé pour intervenir dans le dossier».  Patron de la Ligue Sénégalaise sénégalaise des droits de l’homme, Me Assane Dioma  avait pour sa part alerter et dénoncer cette situation. «On a affaire à une tropicalisation de la justice pour des pays du Sud alors qu’il y a  une indivisibilité et une universalité des droits de l’homme», dénonce l’avocat. Qui ajoutait : «Il y a des préjugés intolérables dans ce contrôle judiciaire soumis à Diack sans que son pays ne réagisse malgré son passeport diplomatique». Pour lui, «Le contrôle judiciaire est pire que la prison». Commentant la passivité des autorités, il soulignait : «L’inertie des autorités sénégalaises est scandaleuse. Le Sénégal a renoncé à sa protection diplomatique et consulaire. Nos autorités agissent par parcimonie». Suffisant pour réclamer une protection consulaire et diplomatique pour ce fils du Sénégal.

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