Le procès de Imam Alioune Ndao et ses coïnculpés a été renvoyé au 18 février 2018. Une façon de permettre aux avocats qui disent n’avoir pas reçu à temps le dossier de leur client, pour se préparer davantage. Me Assana Dioma Ndiaye, pessimiste quant au déroulement des audiences, soutient que « cette jurisprudence va faire tâche d’huile ».

L’enjeu est grand aujourd’hui et Me Assane Dioma Ndiaye pense qu’ils auront «la chance d’avoir un tribunal très serein avec le président Lamotte qui prend en charge cette affaire».

« Nous pensons également que le procureur saura faire la part des choses entre le terrorisme et l’Islam. De toute façon, en tant qu’avocats, nous sommes là pour jouer les gardes fous pour qu’il n’y ait pas d’amalgame. Le terrorisme n’a rien à voir avec l’Islam et le fait de réciter le Coran ou de tenir des slogans conformes à l’Islam ne peut pas être considéré comme l’apologie au terrorisme. Je pense que c’est des risques énormes. Mais comme je dis, il faut que jurisprudence se fasse et que cette jurisprudence soit très prudente et qu’elle ne puisse pas porter atteinte ni aux libertés individuelles ni aux principes religieux tels que nous les pratiquons et qui n’ont à rien à voir avec la violence. Je pense que si nous arrivons à tenir ce procès dans des conditions de sérénité et que la vérité puisse être le credo de la justice, il n’y a pas de dérapage énorme à craindre», a avancé la robe noire.

Cependant, l’avocat choisi d’office par le barreau du Sénégal n’a pas manqué de déplorer les conditions odieuses dans lesquelles sont emprisonnés les mis en cause.

«Vous avez suivi les péripéties. Nous avons, au niveau des organisations de défense des droits de l’homme, dénoncé l’isolement notamment d’Imam Ndao qui a été enfermé dans des conditions draconiennes, dans des conditions inhumaines. Ce qui n’est pas conforme aux conventions internationales ratifiées par le Sénégal. Je pense les conditions n’ont jamais été les meilleures. C’est à la limite de la stigmatisation. Il est important de dire que ces personnes bénéficient de la présomption d’innocence. Quel que soit le reproche qu’on puisse faire à une personne, cette personne a la présomption d’innocence et on ne peut pas sous le prétexte sécuritaire ou de délit ou de crime spécial comme le terrorisme, porter atteinte à ses droits fondamentaux. C’est pourquoi au début, nous avons dénoncé et aujourd’hui nous arrivons au procès. La détention est au moins derrière nous», défend-t-il.

Maintenant poursuit Me Assane Dioma Ndaiye,  il s’agit de faire en sorte que ces personnes puissent bénéficier «d’un procès juste et équitable» et qu’on «les écoute et qu’il n’y est pas de préjugésqu’on leur permet de s’exprimer afin que la vérité puisse jaillir».

Me Ndiaye d’inviter les juges à ne pas commettre d’erreur. «On n’a pas le droit à l’erreur et cette jurisprudence va faire tâche d’huile. On n’a besoin de savoir ce que c’est l’apologie au terrorisme, l’acte de terrorisme, et si le fait de réciter le Coran ou de lancer un slogan conforme à l’Islam est un acte de terrorisme ? Aujourd’hui, les juges et le ministère public ont une très grande responsabilité et nous veillerons à ce que notre pays ne puisse pas basculer dans un sens qui ne sera pas conforme aux intérêts ni de la population ni des religieux» a-t-il conclu.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here