Selon le communiqué officiel transmis à la presse nationale et internationale, c’est Denis Ndour, consultant en droits humains et professeur de sciences sociales, qui a été élu à l’unanimité à la tête de la LSDH pour un mandat de quatre ans, de février 2026 à février 2030. Il succède à Alassane Seck, lui-même arrivé à la présidence en 2022 en remplacement de Me Assane Dioma Ndiaye, l’un des pères fondateurs de la ligue.
Avant de passer le relais, Alassane Seck a dressé le bilan de ses quatre années à la tête de l’organisation. Son équipe, a-t-il indiqué lors du congrès, a particulièrement travaillé sur les arrestations arbitraires, les détenus politiques, les délits d’opinion et la violation de la liberté d’expression et de manifestation, les conditions carcérales et la réinsertion des détenus. La LSDH s’est également impliquée dans la surveillance des processus électoraux à travers sa participation au COSCE, ainsi que dans la rédaction de rapports alternatifs soumis à la Commission africaine des droits de l’homme et à l’Examen périodique universel (EPU) de l’ONU.
Des engagements qui s’inscrivent dans une trajectoire longue : « Après 16 ans d’existence, la LSDH continue de marquer son leadership au niveau national et continental par ses actions pour la cause du respect de la dignité humaine », souligne le communiqué de presse de l’organisation.
Denis Ndour trace ses priorités
Prenant la parole après son élection, le nouveau président a tenu à replacer son mandat dans le contexte actuel. Dans « un contexte économique et socio-politique un peu tendu », selon les termes du communiqué, Denis Ndour entend faire de la LSDH une organisation à double ancrage : fidèle à ses positions de principe sur les libertés fondamentales, tout en mettant davantage l’accent sur les droits économiques, sociaux et culturels. « Une participation effective pour l’amélioration des conditions de vie des plus démunis » figure ainsi parmi ses priorités affichées.
Pour ce faire, il compte s’appuyer sur un maillage territorial renforcé, avec des points focaux régionaux, et une ouverture vers les populations à la base, les jeunes, les femmes, ainsi que les universités et les instituts de recherche. Une approche décentralisée qui tranche avec le modèle souvent très dakarois des organisations de la société civile sénégalaise.
Le congrès a également validé la composition du bureau exécutif de la LSDH. Pape Sall occupera le poste de vice-président, tandis que Joseph Bagné Faye assurera le secrétariat général. Les responsabilités sont réparties entre Daouda Diagne (formation et promotion des droits humains), Matar Diouf (finances), Marvin Rebeiz (organisation), Amath Thiam (questions juridiques et protection des droits), Mme Awa Mbengue (commission scientifique et stratégique), et un binôme composé de Mme Coumba Ndao et Ibrahima Coly pour la communication et les partenariats. La mobilisation et les points focaux régionaux sont confiés à Sidy Mbaye et Paul Léon Ndiaye.
Alassane Seck et Me Assane Dioma Ndiaye ont, quant à eux, été nommés présidents d’honneur de la ligue, consacrant ainsi leur rôle historique dans la construction de cette institution de la société civile sénégalaise.


